Le pragmatique romantique

Ou l'inverse.

2005/09/22

 

Ha, c'est ça que je voulais vous raconter, finalement!

Ah. Enfin. 16h30 je quitte la maison. Je laisse mes petits pour 30 minutes tout seuls. Ma grande est bien capable de jeter un oeil sur ses frères. Surtout s'ils jouent au gamecube, très tranquilles, hypnotisés. Bon, pour l'instant je ne vais pas m'en scandaliser. Leur mère va venir les ramasser dans une demi-heure. C'est ok. Moi je quitte. Ne vous méprenez pas. J'aime bien arriver avec mes enfants, plus que tout. Mais j'ai fait la paix avec l'idée de partir aussi. Voilà.

Et maintenant, j'ai envie de vous raconter une histoire. Je fais de l'exhibitionnisme de laptop dans l'autobus là. Fuck it. Oui j'écris sur un laptop dans l'autobus. Get with it les curieux. Ma fille me disait ce matin j'en reviens pas tout ce que tu fais avec cette petite affaire là (dixit le laptop qui joue de la musique, des émissions télé et qui me connecte à mon monde internet, elle comprends tout ça trop facilement). Oui c'est ça. C'est mon nexus Raphie. Un nexus c'est comme une connexion essentielle au monde. Ou quelque chose comme ça, tu comprends? Ben oui, c'est évident qu'elle dit.

Alors je voulais vous raconter l'histoire de la première femme que j'ai aimé pour de vrai après celle que j'ai aimé très longtemp. Parce qu'au début je pensais que je pourrais intellectualiser tout ça et expliquer l'amour, l'intelligence émotive, la sagesse et ce que c'est qu'être romantique dans un cadre intellectuel de recherche philosophique. Non. Je ne peux pas. Je ne suis plus comme ça. Avant, ça aurait été facile. Avant, c'était tout mathématique et chirurgical ces histoires. Avant c'était tout calculé et découpé au scalpel ma vie. Avant, je me pratiquais tout seul l'ablation du coeur et des sentiments, quand je pensais que c'était mieux ainsi. J'étais con et d'une précision abominable, il va sans dire. Je croyais même que je souffrais moins ainsi...

Parce que, entre vous et moi, aimer "pour de vrai", avec les guillemets et tout, ça veux dire quoi? Ça veux dire qu'il faut que je garde un peu de cet esprit didactique pour vous expliquer ce que je pense que ça veut dire, "aimer". Ensuite je dois vous avouer que j'ai été tellement incompétent dans le domaine. L'intelligence émotionnelle, ça passe par l'honnêteté malaisée, souvent. Et je dois, avec humilité, déclarer que je suis encore en train d'apprendre, et que le peu de lumière que je peux jeter sur le sujet n'est que l'éclairage vacillant de ma flamme toute dansante dans le vent de mes incertitudes. J'aime bien cette image, malgré qu'elle soit si glauque, parce qu'elle est vraie. Ça commence là, il me semble.

Oui. Alors je vous ai déjà raconté que je savais que je ferais cavalier seul depuis janvier 2003. Ça aura quand même pris presque toute une autre année avant que je ne me décide à rencontrer d'autres femmes. Je trouvais ça normal, ce délai de deuil, après avoir été si longtemp avec celle qui est la mère de mes enfants. Bon, je dois le concéder, elle c'était autrement. C'était plutôt rapide. C'était baume sur baume sur baume sur les cicatrices que je lui avait affligé. Ça va. J'ai compris ça. Une fois que c'était clair comme situation, je n'avais vraiment pas de problème avec ça. Whatever comme disent les polonais.

J'ai timidement commencé à tenter de rencontrer d'autres femmes. Par les moyens que j'avais à ma portée, vous ne serez pas surpris d'apprendre que ça s'est passé par internet. Je suis à l'aise là. C'était très bien. Par mots interposés. Hehe. Je pense que je suis à l'aise là dedans. Trop peut-être. Alors j'ai répandu mon âme. J'ai appris tout pleins de trucs. Vraiment. Discuter avec des femmes sereines de leur séparation, sereines de la paix qu'elles pouvaient procurer à leur(s) enfant(s), ça m'a permis de refaire mon identité de père qui n'est pas un conjoint. Merci à toutes celles là, elles n'ont même pas idée. Après quelques mois, j'étais près à rencontrer de ces créatures bizarres en personnes. Pas juste prêt, j'en avais vraiment besoin.

Mais j'ai du faire un autre deuil auparavant. Celui de l'amour romantique. Parce que voyez-vous, en 2003, ha quelle belle époque... en 2003, un idéaliste ça écorche un peu. Quand je dis que je suis romantique, si je me permet même de le déclarer, c'est que pour moi ça appelle à l'absolu. Je sais, je suis fatiguant avec ça, désolé pour celles qui ont du en porter un fragment. Mais j'ai l'idéal romantique du siècle des lumières. Pas celui du souper avec bouteille de vin rouge au resto italien. En tout cas pas par défaut. Pour moi, romantique ça veut dire "qui plonge". Ça veut dire "qui y croit". Ça veut dire "qui s'y investit". Mais bon. C'est pas facile ça, au 21ème siècle. Ça fait une approche un peu lourde, comme un B-52 sur une petite piste de brousse.

Alors j'ai raffiné tout ça un peu. Je me suis dis "hey, peut-être que ça se peut pour de vrai une fille qui n'a aucune attente". Ouille. Peut-être. Mais mon expérience me démontre que malgré tout ce qu'on dit, c'est très rare. J'ai eu deux tentatives d'atterrissage vraiment mochea. C'est moi qui a tiré sur le manche à balai bien avant que mes roues touchent le sol. Ça a donné entre autre ce poème. Ensuite, j'ai apprivoisé l'idée d'engagement et de non engagement. À divers degrés de succès. Ok, j'avoue, ça a rendu quelques demoiselles très tristes. Je m'en veux encore pour ces histoires, elle ne sont pas expiées, ou à peine. Ça viendra.

Puis j'ai rencontré une femme extraordinaire. Vraiment. J'étais rendu à me dire que de faire des compromis, c'était pas mal un recette absolue pour l'échec. Je le crois encore. Et sur plusieurs mois, j'ai correspondu avec cette femme qui me laissait découvrir une sensibilité en elle qui m'assoiffait vraiment. Je suis comme ça, vous savez. À milles pieds de distance, j'hésite pas, je choisis toujours la plus jolie, j'ai pas de gêne de mes ambitions et de mes désirs... et puis, je sais ce dont je suis capable! ;) À cent pieds, j'écoute, j'analyse, j'évalue, je m'immisce. Ah. Je cherche les intelligences. Alors là les trop jolies mais imbéciles, elle ne tiennent pas le coup. Et les pas mal chouettes mais très articulées, elles reprenant du poil de la bête.

Ensuite, je m'approche tout près. Mais vraiment près. Moi je suis comme ça. Quand je désire, c'est au complet. Pas à moitié. Je suis passionné. Et quand je découvre, en plus d'un joli minois (mais c'est relatif) et d'une intelligence affirmée (sans prétention) un coeur qui palpite, une sensibilité, une tendresse, une lucidité émotive, c'est le coup de foudre. Juste là. De même. Alors j'ai eu cette femme, qui m'a plu énormément dans sa simplicité du moment et dans sa complexité de vie. C'était quelque part à l'automne et après plusieurs mois de messages agréables mais décousus, sa vie lui laissait assez de répit pour m'inviter au cinéma. Pour faire exprès et tourner le fer dans la plaie, à l'ex-centris, cinéma de répertoire. Sur un thème familial, sociologique et quasi théologique. Elle avait un front qui me plaisait énormément cette demoiselle! J'ai bien sûr accepté. Tout de go.

On s'est rencontré sur St-Laurent. Elle était très jolie. Plus petite que moi, les yeux gris pétillants, les cheveux juste assez décoiffés. Revêtu de mon parka et de mon foulard noir de 12 pieds, j'ai su immédiatement qu'on se plaisait. Café. Ciné. Ouf. Discussion passionnée. Marche de beaucoup beaucoup de coins de rues. Pas mal plus que nécessaire. Bise, bise, oui, oui, on va se revoir. Je flotte. Je suis sur ce nuage incandescent. Mon chum JF qui me ramasse après son shift de boulot ridiculise mon air béât. C'est ça. Oui. J'ai les yeux tellement brillants qu'il n'aurait même pas besoin d'allumer ses phares. Ok, presque.

Alors on s'est revu pour sûr. Me souviens même pas le contexte. Encore une sortie. Souper chez elle je crois. Oui c'est ça. Vins et fromages ça me reviens. Vraiment une belle soirée. Vraiment. On rigole. Vraiment. Complicité sans compromis. Wow. Mais je suis un peu idiot. Ok, très idiot. J'ose pas. Mais c'est compliqué vous savez? Et elle est gênée juste assez, pas trop, et moi, comme un idiot, je souris. Elle va me reconduire au métro. Et elle m'assassine. Parfois j'ai besoin de ça. Hey, Sylvain, pourquoi tu m'embrasses pas?. Rire gêné. Heu. Je pense que j'ai pas de bonnes raisons. Non, je ne pense pas non plus. Feu d'artifice. Wow. Ses lèvres sont si douces. Et j'avais besoin de celle qui saurait me poser cette question, sans me remettre en question au complet, mais aussi sans compromis faible ou pratique. Je l'ai tellement aimé à ce moment là. Mais je n'étais pas encore prêt à lui dire. Je l'ai quittée sur le même nuage que les deux ou trois fois précédentes, mais cette fois je savais qu'elle était à moi et moi à elle.

Ensuite, la fois d'après, elle m'a invité chez elle un après-midi quelconque. Hehe. Comme si. J'ai encore fait l'idiot. J'ai dis oui, oui, ça va, à demain. Elle m'attendais. Depuis très longtemps j'ai su ensuite. On se désirait tellement que la moitié de nos vêtements n'ont pas survécu le couloir. Dans son lit, sa peau sur la mienne était d'une douleur si douce que j'en avais envie de pleurer. Et parce que dans ces moments la providence nous fait toujours des clins d'oeils, et parce que j'étais d'une naïveté affolante, on s'est rendu compte qu'on avait pas de condom. Si dévêtus et si dépendants d'un si petit morceau de revêtement. Vous n'avez jamais vu deux imbéciles heureux rhabillés trop vite dans un dépanneur vietnamien avec un si grand sourire peinturé dans le visage.

C'était encore mieux. Comme si cette interruption était nécessaire à notre passion. Comme si c'était scénarisé ainsi. Je dois avouer que dans le rôle de la femme assumée, elle était casting à souhait. Et nous avons consumé nos désirs dans une passion sans retenue. Ainsi. Soit-il. Elle a pleuré. Ça m'a ébranlé. Je l'ai serrée plus près de moi. Au creux de mon épaule. Elle me disait, ça va, ça va. Ça allait, parce que ça passait. Des mois trop longs depuis le départ du père de son fils après à peine quelque mois de grossesse. Mais elle avait persévéré. De toute la vie, de sa vie de mère, de femme, de fille, d'artiste. Elle m'a viré à l'envers. Encore. Et je l'aimais. Mais je ne pouvais pas lui dire. Parce que dire "je t'aime", c'était chargé d'une promesse que j'avais peur de faire.

Mais elle était pas mal plus intelligente que moi. Pas mal plus sensible aussi. Elle a su m'apprivoiser. Rapidement. Un après-midi, alors que nos vêtements s'évaporaient encore si rapidement dans le couloir menant à sa chambre, je lui ai dit. "Je t'aime". Ouf. Oui. "Je t'aime". "Pour de vrai". "J'assume". "Je t'aime au complet, je peux?". "Oui, tu peux". On s'est aimé durant des mois. J'ai vécu des moments inoubliables avec elle. Des jours, des soirs, des matins, des nuits. Tendres. Sourire au lèvres. Paix. C'était jamais compliqué avec elle, en surface. Mais ce n'était jamais non plus abruti en profondeur, juste pour faire semblant, non, pour une fille si habile dans le cinéma, c'était d'une véracité si touchante.

Après plusieurs mois, au printemps, on s'est quitté. C'était le plus beau départ de ma vie. Doucement. Lucidement. Ma vie trop compliquée, la sienne, ça n'allait pas. Mais sans fracas. Sur du Blue Rodeo, nous avons fait l'amour dans la cuisine, sur son matelas déplacé à cause de rénovation dans sa chambre, nus toutes les fenêtres ouvertes dans un quartier ou les ruelles sont très fréquentées, en plein jour. C'était si beau. Paisible. Je dis le printemps mais j'exagère, c'était à peine la fin février, à peine. Mais elle réchauffait mon coeur à un tel point que les fleurs étaient déjà en bulbes précoces.

Nous nous sommes quittés sereins. J'avais réappris à dire "je t'aime". Sans que ça fasse trop mal. J'avais appris à laisser parler mon coeur, j'avais appris que ça valait mieux ainsi. Comme dans un film de David Lynch, qu'elle aimait tant pour ses ambiances caustiques, j'avais su naviguer avec elles les incertitudes et les démons qui m'habitaient. Après elle, je n'ai dit "je t'aime" qu'une seule autre fois depuis. Parce que quand je dis ça, c'est parce que ça me coûte tout. Parce que je ne retiens plus rien. Parce que je capitule ma raison à mon coeur et que je soumet mon coeur à ma raison.

Depuis ce temps je n'ai dit je t'aime qu'à une seule autre. Parce que pour moi dire "je t'aime" c'est faire une promesse. Une promesse douloureuse. Une promesse entière. Une promesse de tout ce que je suis. Du meilleur et du pire. De manière lucide, oui. Je suis un romantique. J'aime une à la fois. C'est un investissement de tout mon être. Ça pèse lourd aussi. J'en attends autant en retour. Je suis un passionné. Un idéaliste. Un foutu romantique fini. Désolé. Je n'ai vraiment pas envie d'être autre chose. Et je suis en paix avec ça. Je sais qui je suis maintenant. J'aime ce que je deviens. Entier. Intègre. Imparfait. Conscient d'être imbécile parfois. D'être jaloux. D'être trop aussi, à l'occasion. Mais toujours lucide. Jamais froid. En tout cas, j'espère que non.

Et celle qui saura cueillir le respect que je lui porte, celle qui saura être tout pour moi comme je désire être tout pour elle, celle là, Elle, avec un "e" majuscule, je saurais la combler. Parce que malgré tout mes mots ici, conséquence triste de ma solitude de vie, rançon de mon délire de célibataire, parce que cette femme qui saura combattre mon désarroi et ma bêtise, je l'aimerais. Trop. Vraiment trop. Elle saura le porter. Elle saura mon allégeance à elle. Au complet. Au complet. Ça coûte cher, vous êtes prévenues d'avance. Je veux tout. Mais je vous promet tout aussi. Sérieusement, un romantique comme il ne s'en fait plus. La sagesse, alors, l'intelligence émotionnelle, pardonnez-moi, mais ça sera pour un autre billet...

Comments:
Je dois avouer que je préfère tes mots tout chauds concernant l'amour à une froide autopsie du sentiment.
C'est aussi ça, l'intelligence du coeur.
Tu n'avais donc pas à la définir, mais rien qu'à la vivre.
 
Merci. Moi aussi, je préfère. Parfois je tente de me prétendre autre, ça aura au moins le bénéfices de m'apprendre qui je ne suis pas.

Et les définitions, sommes toutes, elle sont bien théoriques, en effet. Vivre. Aimer. Apprendre.

Effectivement. Ce que j'aime est dans les verbes et non dans les adjectifs.
 
Merci de nous avoir raconté ce beau moment. C'est touchant et c'est très intéressant.

Miss_Vanille :)
 
Instructif de lire le point de vue masculin d'un digne représentant de ma génération. C'est curieux ce romantisme et cette volonté d'engagement qui semble viscérale, car mon expérience (et celles des femmes qui m'entourrent) m'a plutôt fait rencontrer des hommes fuyant complètement l'engagement et les responsabilités émotives d'une relation. J'avoue que je suis médusée. Vous êtes beaucoup, comme ça? Normalement, tant chez les hommes que chez les femmes, il y a cette frousse de dire des choses simples comme je t'aime. C'est comme une maladie urbaine de notre siècle, et c'est très emmerdant. Pourtant c'est si simple, si simple.
 
Ah tu sais, Yannou, c'est parce que les gars qui ont cette volonté d'engagement, ils sont en général engagés et ne rencontrent pas vraiment de dames célibataires ;) ... moi je me considère comme entre deux là, ce n'est pas désagréable du tout, mais quand même, faut lire le titre de mon blogue pour avoir une idée de ma perspective là dessus...

Alors, beaucoup, je ne saurais dire. Oui c'est si simple. Mais ça prends du temps à se rendre à la simplicité, parce qu'il faut faire le ménage dans toute les fausses complexités et accepter aussi que parfois, c'est compliqué...

Et, dis donc tu fais quoi ce soir? (heu, là j'ai tu l'air fou moi? ça se demandes-tu des affaires de même? en public dans les commentaires de son propre blogue? je ne suis pas à une expérience près, alors, hein, pourquoi pas!). :p
 
LOL, comme on dit. Je me dis que les blogs, c'est comme des "salons", un peu. Tu m'as beaucoup fait rire, alors je te répondrai personnellement. Là où espace public vituel et vie privée se rencontrent...
 
Yannou, bien content que tu saisisses l'esprit dans lequel mon commentaire était écrit!

On m'a même posé la question par un autre canal de communication: "alors ta soirée avec Yannou ça avance comment?". J'ai pouffé de rire!

Lecteurs, lecteurs, je m'amuse ici, je me dérisionne moi-même avec parfois même pas un petit fond de sérieux. Je suis d'une naïveté toute fabriquée. Je suis au premier, au second et au troisième niveau de lecture et d'écriture et parfois à aucun.

J'apprécie toujours vos commentaires, ça fait vraiment partie du plaisir d'écrire en public!
 
Ah oui, je suis bien curieuse de savoir qui s'intéresse de savoir si nos conversations virtuelles deviendront réelles??? C'est vraiment très drôle. (Là encore, je ris)
 
C'est très drôle de relire tout ça. Et dire que maintenant c'est moi, cette femme que tu décris à la fin de ce texte!!! Et dans moins de deux mois nous allons nous marier!!! Incroyable...
 
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